Interview Guerilla Poubelle (sept 2005)

uerilla Poubelle (GxP) est un groupe de punk rock parisien créé en 2003. Le groupe a plus de 500 concerts à son actif, notamment en Belgique, en France, en Suisse,en Allemagne, au Québec et au Japon.

Cette Interview a été réalisé au Mondo Bizarro en septembre 2005, si je ne me trompe pas, avec l’aide de Mr Horst Du Noch.

Salut Les Guérilla Poubelle.

Till :Salut, Moi c’est Till.

Koj :Salut Moi c’est Koj’.

Vous êtes 2 anciens Betteraves et, maintenant, vous avez créé les Guérilla Poubelle.

Till : ouais, enfin maintenant on a créé les Guérilla Poubelle ! ça fait quand même 2 ans ½ qu’on a créé Guérilla Poubelle.

Koj :pas 2 ans ½

Till :bon 2 ans … et quart

Koj :on vient d’attaquer la 3èmeannée.

Est-ce que ce serait possible de présenter les membres du groupe et faire un petit historique ?

Till : Moi c’est Till et lui c’est Koj’. Je joue de la guitare et je chante. Koj’, lui il fait de la basse et il chante un peu aussi. Joko, il chante et il fait de la peinture sur scène et Chamoul joue de la batterie.

Ça a commencé sur la mort des Betteraves, il y a 2 ans ½..

Till : en fait ça n’a pas commencé sur la mort des Betteraves. Les Betteraves sont mortes, Point. On ouvre un 2èmecahier et on écrit Guérilla Poubelle. C’est pas « on change le titre du livre pendant qu’on est en train de l’écrire ». C’est un 2èmeroman. C’est pas Tintin au Congo et Tintin chez les Picaros. C’est Tintin et Lucky Luke.

Koj : et Gaston Lagaff’.

Est-ce que vous pouvez nous parler des influences de chacun ?

Koj : moi, c’est Jimmy Summerville. Non, les influence de chacun, elles sont un peu les même. Les influences du groupe c’est un peu les mêmes. C’est punk-rock, punk-rock américain et français. Et c’est chouette. Personnellement, j’aime bien la musique que j’aime.

Till :Moi j’aime bien nos influences. J’écoute que ça même.

Koj: j’écoute la musique que j’écoute et j’aime la musique que j’aime.

C’est le principal

Till : tu veux des noms, peut-être ?

A la limite.

Till :alors euh…

Koj : dèjà il y a les Cadavres.

Till :oui, c’est ça. Les cadavres et Leftover Crack, si tu veux. Et tu mélanges ça dans…

Koj :un peu les Vulgaires Machins même si ça ressemble moins.

Till :les Rats aussi. Rancid, un peu les Dealers et un peu les Clash. Tu vois on saute d’ici à là.

Koj :pas beaucoup les Clash !

Till :si pour les « Hun…Hun », les contres temps de guitares

Koj :sur un plan de guitare !!

Quand tu disais Les Cadavres, c’est ce qu’on retrouve dans pas mal d’articles. Ça vous fait plaisir ?

Koj : à mon avis, Till ça lui fait plaisir parce que c’est le groupe qu’il vénère depuis qu’il est jeune.

Till :c’est pas que je le vénère. C’est que j’ai appris à faire du punk-rock en écoutant les Cadavres et en jouant les Cadavres, donc forcément..

Koj : il vénère un peu aussi.

Till : ça me vénère, quoi !

Koj : Voilà.

Till: ça fait très plaisir. On préfère être comparé à des groupes comme ça qui n’ont quand même plus rien à prouver. Enfin, voilà. Qui peut critiquer les Cadavres, bordel !

Koj : en fait il fait ce groupe avec l’influence des Cadavres juste pour faire connaître les Cadavres.

Till : le but du jeu, c’est que, bientôt, on va ré-éditer les albums des Cadavres et comme ça on gagnera plein d’argent.

Avec l’asso Guérilla?

Till : effectivement.

Koj : ouhh !! La transition.

On peut en parler un peu de l’association Guérilla. C’est juste pour les Guérilla Poubelle ?

Till : Non, en fait c’est une asso qui existe en parallèle au groupe. De commun entre l’asso et le groupe il n’ y a que moi. L’asso sert de prétexte légale quand il y a besoin que le groupe en ait un. Par exemple, pour certains concerts où il y a besoin d’avoir une structure pour encaisser de l’argent, l’asso est là. Sinon, elle produit les disques de Guérilla Poubelle et d’autres albums. En Octobre (2005), on va sortir le maxi 7 titres d’un groupe de Paris qui s’appelle « The Defenestrors » qui est un groupe de garage vraiment très bien. L’album de « Coquettish », un groupe de ska-core japonais, et un split avec « les Joyeux Nuisibles », « la Raïa », « Eric Panic » et « Faits divers » où ils joueront 5 titres chacun et je pense que ça va être sympa. On a un site où, dessus, il y a une web-radio, une grosse distro de disques pas trop cher. Et on organise aussi des concerts.

Le disque est sorti chez Crash Disques pour la distribution ? puisqu’il est produit par l’asso Guérilla.

Till : ouais, ça s’appelle en licence. En fait, l’asso a payé tout ce qui est enregistrement, la réalisation de la pochette. Enfin, ça n’a pas été payé puisque c’est nous qui l’avons faites mais l’asso a pris en charge toute la « conception artistique » du disque, la pochette, le livret… Et Crash Disques, eux, ils fabriquent l’objet, ils le donnent à PIAS qui le met dans les bacs. Et ils assurent un peu le suivi promo, ils envoient des disques aux magazines, ils payent des flyers, les distribuent… Il y a plusieurs intervenants mais la production c’est l’asso qui la prend en charge.

Comment c’est passer la rencontre avec Crash Disques ? Vous les connaissiez depuis longtemps ?

Till : on les connaissait d’avant. On a fait des parties de jeux de société avec Marsu avant même de commencer les Guérilla Poubelle. Et puis, quand on a eu envie de faire un disque, ça s’est fait plus ou moins naturellement. On a d’autres copains qui font des labels aussi, qui ont des distrib’. On voulait le faire avec des potes, ça c’était clair. On voulait le faire avec des gens qu’on connaissait déjà, des gens dont on savait qu’on pouvait avoir confiance en eux. Et qu’ils le faisaient pas juste parcequ’on est leur pote. Ils y croient aussi Crash Disques. Ils aiment vraiment notre disque. Enfin, j’espère.

Koj :au moins un peu.

Till :ils le défendent vraiment bien. Ils s’investissent dedans et c’est pas non plus que parce que ce sont des potes. Mais ça facilite les rapports. Ça c’est clair.

Je vais peut-être passer du coq à l’âne…

Till : on préfère les ânes aux coqs

Vous avez fait une tournée au Québec cet été. Apparemment ça s’est bien passé puisqu’on pu suivre un peu ce qu’il se passait sur Internet.

Koj : ça s’est super bien passer. C’était vraiment super chouette. On s’est vachement amusé. C’était des bonnes vacances. Et on en a profité pour jouer un peu où on allait. Les gens sont différents là-bas et super sympa. Les salles sont bien. On a eu beaucoup de clichés de l’Amérique mais dans le bon sens du terme. Et c’était vraiment chouette.

Till :c’était vraiment une très bonne expérience. Même si souvent les conditions de jeux étaient un peu difficile parce qu’évidemment on est beaucoup moins connu qu’en France, on était pas avec notre matériel, ça marche pas pareil qu’en France. Mais c’était vraiment très riche plein de bonnes choses. A part, peut-être, qu’on a perdu beaucoup d’argent. On arrive à s’en relever mais heureusement qu’on en a pas fait 5 dans l’année des tournées à ce prix là.

J’ai pas trop compris le truc « les clichés dans le bons sens du terme ». Qu’est ce que tu as vu là-bas ?

Koj : Pour moi, l’Amérique, c’est plein de gens de différents milieux qui se retrouvent aux mêmes concerts. C’est ce que disait Till, des conditions pas toujours bonnes. Mais avec des gens très motivés même s’il n’y a pas beaucoup de monde. C’’est un peu tout ce que j’avais vu dans les clips de No-FX quand j’étais petit.

Till :ouais, il y avait des soirs où on avait l’impression d’être dans un clip de No-FX, où t’as des mecs qui organisent des concerts dans leur garage. Et puis c’est vraiment bonne esprit. T’as pas vraiment beaucoup de monde mais t’as des skins qui traînent avec des skatteurs, des punk avec des grosses crêtes et des mecs avec des grosses mèches et des straight-edges en marcel

et en tong. Il y a tout ça, moins de clivage entre les publics en tout cas. Peut-être que les groupes sont moins soudés entre eux mais le public se mélange et se respecte beaucoup plus, j’ai l’impression, que par chez nous.

Koj :surtout on a pas tout vu parce que les conditions sont différentes. Ici on a un album qui est sorti, on est un peu plus connu et, surtout, en France, il y a 60 millions de personnes et au Québec 7 millions pour un territoire qui est au moins 7 fois grand comme la France. Donc, c’est différent.

Till :en fait en France, on a l’habitude de voir des groupes étrangers, qui

viennent de loin, qui ont fait beaucoup de scènes chez eux et on les connaît pas. Là, on se retrouvait un peu dans le rôle du groupe étranger. Et là les mecs

étaient très curieux. On se retrouvait un peu dans une position d’attraction et du coup ils étaient vraiment attentifs. On aurait été un groupe québécois à faire la même chose, ils n’auraient peut-être pas été aussi accueillants artistiquement, aussi réceptifs à ce qu’on faisait. Là on sentait vraiment le «  ah. Tiens des français !? ils ont fait 7000 bornes pour venir jouer là ». Il y a une sorte d’attention là-dessus et c’est vraiment agréable. Moi, je le ressent pas pareil en France. Ici, les mecs ils viennent parce qu’ils te connaissent. Ils t’attendent. Là-bas…

koj :t’es une curiosité.

Till :ouais et c’est agréable de faire des trucs devant des gens qui s’intéressent. Enfin qui se donnent la peine de s’intéresser. Après, on sait pas si c’est le public qui est différent ou si c’est du fait qu’on viennent de loin. Mais peut-être qu’ils ont la même attitude avec les groupes Québécois. J’en sais rien mais j’ai pas l’impression.

Je vais encore changer de sujet. Au niveau des textes, il y a une différence entre les Betteraves et Guérilla Poubelle. Est-ce que tu as changé t’as façon d’écrire ou est-ce une évolution naturelle ?

Till : les deux. Je sais pas. Je pense qu’il y a une grosse part d’évolution, de… je vais pas dire de maturité mais..

Koj :t’as grandi !!

Till :ouais, voilà !! non, il y a une évolution toute conne. J’ai plus envie de dire les choses de la même façon. Finalement, je pense que le fond est à peu près le même et que j’ai pas tellement changer de position sur les thèmes qu’on aborde. Mais peut-être la façon d’aborder les sujets est différente. Mais le fond reste assez proche des Betteraves. Il y a une énorme part de dé-sacralisation d’un peu tout. Pas de non-respect de tout mais, même les trucs qu’on aime on les tourne quand même en dérision. Parce qu’on a pas envie que ça se retrouve comme une sorte de mythe. Tout ces truc étaient vachement présent dans les Betteraves comme dans Guérilla Poubelle. Et tous les trucs de consommations, de machins comme ça, c’est pareil. Tu trouve ces thèmes dans les deux groupes mais c’est pas pareil. Je pense que c’est plus la forme qui change. Et c’est peut-être plus fin dans Guérilla-Poubelle. C’est peut-être moins 2nddegrés.

Koj :il y a des opinions qui ont changer. Enfin, je couche pas avec tous les soirs. Il y a sûrement des opinions qui ont dû évoluer aussi sans pour autant changer.

Till :ça s’est affiné peut-être.

Personnellement, je trouve les textes plus sombres dans Guérilla Poubelle.

Till : ouais. C’est la tournure qui est plus sombre. Parce que, finalement, dans les Betteraves, on disait aussi aux gens de se tuer puisque la vie s’est nul. Là on dit toujours ça, mais dans les betteraves on le faisait en pétant et avec un nez rouge. Là on le fait avec des T-shirt noirs et avec de la bave. Et en écartant les jambes.

Koj :et en levant la guitare.

Sinon, sur le logo Guérilla Poubelle, on retrouve une croix verte qui ressemble beaucoup à celles des Bérus. Ça a été fait exprès ?

Till : En fait, je me suis rendu compte, parce qu’on me pose souvent cette question, qu’on l’utilise quasiment jamais maintenant. C’est très rare. Quand j’écris des mails je mets GP et pas GXP. C’était plus au début, une espèce de mode,

tous les groupes faisait un peu ça. Enfin, tous nos potes. Parce qu’on avait des noms un peu long et c’était chiant d’écrire les noms en entier. Et puis

GP ça faisait grand prix, alors on trouvait ça un peu couillon. Donc, on a mis une X entre les deux. Evidemment, il y a le coté Béru. Peut-être que s’ils ne l’avaient pas fait, on y aurait pas pensé. Et il y a le côté straight-edge qui nous fait beaucoup rire. Que les gens nous prennent pour des straight-edges, je trouve ça très drôle. Il y a un peu de tout. C’est plus les gens qui l’utilisent. Il y en a même qui ne nous appellent pas Guérilla Poubelle mais G.X.P. et nous on trouve ça d’un ridicule innommable.

Koj :même le batteur il dit G.X.P. mais faut pas croire qu’on est des gros pochetrons non plus.

On a jamais dit ça.

Till : non, mais tous les trucs un peu intégristes et extrêmes, que se soit dans la « pochetronerie » ou dans la « straight-edgisme » ça nous fait quand même rigoler.

Vous avez fait un split cd avec Butter beans, qui est un groupe breton. Comment les avez-vous rencontrez ?

Till : à un concert, on jouait avec eux et puis, il y en avait qui était plus ou moins pote avec Joko. Depuis, dès qu’on va à Brest, on va dormir chez Goose, et on fout le bordel chez lui.

Koj : le guitariste de Butter Beans.

A part ça, est-ce que vous avez quelque chose à rajouter pour votre défense ?

Till : non, nous sommes nul.

Koj : pour la défense de quoi ?

Je sais pas.

Till : n’achetez pas d’objet en ivoire.

Et bien voilà. Merci pour cette interview.

Till : merci à vous de nous avoir interviewer.

Interview réalisé le 25/09/2005 par Gilles et Mi-K

Informations complémentaires :

Plus d’info sur le groupe allez faire un tour sur www.guerilla-poubelle.com

Plus d’info sur l’asso guérilla sur http://guerilla.propagande.org

Betteraves (les) : Groupe de punk terrorisant les populations entre 1999 et 2003. Till et Koj en faisaient parti. Plus d’info : betteraves.propagande.org

Crash Disques : Label actif qui a déjà bombardé la France de diverses attaques sonores: tribute et ré-édition des Ludwig Von 88, Guérilla Poubelle, Junior Cony, La Réplik… plus d’info : www.crashdisques.org

Les Cadavres : Groupe Punk français sévissant jusqu’en 1996. Une des références punk française.

Butter Beans : Groupe brestois de ska core malheureusement décédé. RIP

Straight-edge : mouvement lié au HardCore. Représenté par une X, plus précisément : SXE. L’origine serait une chanson de Minor Threat.

Mondo Bizarro : bar à concerts principalement rock de Rennes. http://mondobizarro.free.fr

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